Journée d'étude Sammy Baloji, Congo fragments d'une histoire Culturelle CHERBOURG-EN-COTENTIN

Le 18 janvier 2020

CHERBOURG-EN-COTENTIN

Baptiste Brun

Baptiste Brun est enseignant-chercheur en histoire de l’art contemporain à l’Université Rennes 2. Ses travaux portent sur les interactions entre création artistique, histoire de l’art et anthropologie dans la seconde moitié du XXe siècle, sur des œuvres et travaux apparentés à l’Art Brut et sur l’épistémologie de l’histoire de l’art pensée en regard du primitivisme. Il codirige le Master 2 parcours « Métiers et arts de l’exposition » de Rennes 2, consacré aux pratiques de l’exposition dans le champ de l’art contemporain. Ses travaux de recherche se prolongent dans un travail de commissariat d’expositions.



10h30 / Projection-rencontre
The Tower. A Concrete Utopia
de Sammy Balojiet Filip De Boeck
(2015, 70 min.)

Le film consiste en un long plan-séquence à l’intérieur d’une tour inachevée de douze étages. En chantier depuis 2003 dans le quartier Limete à Kinshasa, elle est entièrement faite de béton. Le propriétaire, dit
« le docteur », qui en est aussi le maître d’œuvre, guide la caméra en précisant la future fonction de chaque partie du bâtiment. Peu à peu, un paradoxe se fait jour entre le discours idéaliste du « docteur » et la situation en suspens du projet. La tour devient le symptôme d’une ville anarchique pourtant animée par une volonté d’organisation. The Tower est issu des recherches menées par Sammy Baloji et Filip De Boeck dans la région de Kinshasa. Leur collaboration a également donné lieu à l’ouvrage Suturing The City. Living Together in Congo’s Urban Worlds (Autograph ABP, 2016).

Filip De Boeck est professeur d’anthropologie à l’Université de Leuven (Belgique). Il a conduit plusieurs enquêtes en République Démocratique du Congo et travaille plus largement sur les infrastructures urbaines, les transformations des espaces privés et publics, les questions culturelles et la jeunesse en Afrique. Parmi ses publications : Kinshasa. Tales of the Invisible City, avec la photographe Marie-Françoise Plissart (Ludion / Royal Museum of Central Africa, 2004), et Makers and Breakers. Children and Youth in Postcolonial Africa (James Currey, 2005), codirigé avec Alcinda Honwana.



14h30 / « Existe-t-il un art Noir ? »
Anne Lafont

Cette communication sera l’occasion d’envisager, en regard de l’œuvre de Sammy Baloji et d’autres artistes de sa génération, l’éventualité d’un art Noir qui ne se confond pas avec l’art des Noirs. L’expérience africaine et diasporique ouvre peut-être à un rapport esthétique au monde qui ne s’ancre plus dans une condition raciale, mais, au contraire, relève d’un faisceau de relations au fondement d’une nouvelle poétique plastique.

Anne Lafont est historienne de l’art et directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Elle a collaboré en 2019 à l’exposition du musée d’Orsay Le modèle noir, de Géricault à Matisse. Son dernier livre, L’art et la race. L’Africain (tout) contre l’œil des Lumières, a également paru l’année dernière aux Presses du Réel.



15h15 / « Kinshasa théories »
Nadia Yala Kisukidi

La biennale d’art contemporain Yango II, dont Nadia Yala Kisukidi est co-commissaire, aura lieu en 2021 à Kinshasa. Elle vise à offrir une plateforme inédite de dialogues entre la recherche universitaire (congolaise et internationale) et les pratiques artistiques. Quel peut être le sens d’un tel nouage, notamment pour la pratique philosophique ? Telle sera l’une des questions abordées dans cette communication.

Nadia Yala Kisukidi est maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Paris 8. Elle a dirigé les dossiers « Afrocentricités. Histoire, philosophie, pratiques sociales », dans la revue Tumultes (mai 2019), et « Frontières et déchets d’homme. Autour d’Achille Mbembe », dans la revue Esprit (décembre 2018). Nadia Yala Kisukidi a préfacé L’Atlantique noir de Paul Gilroy, paru en 2017 aux éditions Amsterdam, pour lesquelles elle prépare un livre intitulé Espérance noire.



16h / « Généalogies Futures : récits depuis l’équateur »
Sandrine Colard

Cofondée par Sammy Baloji en 2008, la biennale de Lubumbashi est devenue, en un peu plus de dix ans, un événement artistique clé de l’écologie artistique africaine. Chaque édition est confiée à un.e commissaire différent.e. Responsable de la biennale 2019, Généalogies Futures, Sandrine Colard partagera sa vision de l’événement, des artistes et des œuvres présenté.e.s, en mettant l’accent sur leur inscription dans la ville.

Après un doctorat en histoire de l’art à l’Université de Columbia, Sandrine Colard enseigne à l’Université de Rutgers-Newark (États-Unis). Elle a codirigé, avec Giulia Paoletti et Joshua Cohen, The Expanded Subject: New Perspectives in Photographic Portraiture from Africa (Hirmer Publishers, 2016). En 2019, elle a été commissaire invitée des expositions The Way She Looks: A History of Female Gazes in African Photography, Ryerson Image Center, Toronto, et Multiple Transmissions: Art in the Afropolitan Age, Wiels Contemporary Art Center, Bruxelles.



16h45 / Discussion et conclusion
Baptiste Brun

Autres informations

  • Organisateur : Le Point du Jour, centre d'art / éditeur

Dates

Le 18 janvier 2020