Découvrez la trace de l’homme de Néanderdal en Normandie, sur le site du Pou, Le Rozel, sur la côte Ouest du Cotentin

De nombreuses occupations dans le Cotentin

Les traces de l’homme de Néanderdal se concentrent principalement en Dordogne et aux abords des Pyrénées, néanmoins les investigations menées révèlent que le Nord de la France est aussi riche de vestiges. Dans le Cotentin, les traces d’occupation humaine remontent à environ 320 000 ans. Elles se concentrent sur une zone au nord du Cotentin entre Port-Bail-sur-Mer à Saint-Vaast-la-Hougue.

De nombreux vertiges

Site majeur de découverte dans le massif armoricain normand, le site du Pou a été découvert dans les années 1960, du fait de l’érosion du littoral, et fait l’objet de reprise d’investigations depuis 2012.

Du fait de son exceptionnel état de conservation, ce site a révélé des vestiges de toutes natures, tels que des silex, quartz taillés, ossements d’animaux ainsi que des foyers avec leurs charbons de bois.

Les équipes de la Direction régionale des Affaires culturelles de Normandie, étudiants et bénévoles, mènent ainsi tous les été 3 mois de fouilles sur ce site et ont mis à jour des aires de travaux spécifiques, liées au traitement de carcasses d’animaux mais aussi d’habitats, datés autour de 80 000 ans. Ainsi, les traces de faune ont permis d’établir que les hommes de Néanderdal ont consommé de préférence de grands herbivores, tels que cerf, cheval et auroch (bœuf sauvage). Elles témoignent de la présence de chevreuil et de rhinocéros de prairie.

Fouilles au site du Pou-Le Rozel

Un site exceptionnel !

Le site du Rozel se singularise par la conservation de traces et d’empreintes de pieds, genoux et mains humaines et pattes animales. Ces dernières attestent de la présence d’animaux dangereux : ours, loups ainsi qu’un félin de la taille du lion des cavernes.

Les traces humaines révèlent des empreintes de pieds d’enfants et d’adolescents et/ou de femmes dans des aires activités en marge des zones réservées aux opérations de boucherie et découpage des animaux. Ces espaces étaient dédiés aux  jeunes individus.

Le site compte parmi les sites majeurs « du Monde Néandertalien » apportant une contribution majeure à la connaissance des paysages du début du dernier glaciaire dans lesquels évoluaient les humains, à la perception des néandertaliens, tant sur la constitutions des groupes que sur la gestion de l’espace ou des traditions culturelles.
Domininque Cliquet
Dominique Cliquet
Conservateur du Patrimoine, DRAC